JACK L’ÉVENTREUR (From Hell)

Mettre en scène Jack l’Éventreur au cinéma, c’est imager un meurtrier connu de tous mais dont les récits ne semblent jamais s’accorder. Portrait du serial-killer le plus célèbre du monde, à l’aune de From Hell.

Figure canonique du serial-killer, Jack l’Éventreur transcende fiction et réalité pour mieux incarner, encore aujourd’hui plus de 130 ans après ses méfaits, le criminel ultime. À l’image du tueur du Zodiac ou du Dahlia noir, l’assassin de Whitechapel demeure toujours une énigme. Ou presque. Car la fiction n’attend pas toujours qu’une énième étude de passionné (dite ripperology) rouvre le dossier pour instituer une nouvelle hypothèse quant à l’identité du véritable éventreur. Dans From Hell (Albert & Allen Hughes, 2002), adaptation d’une bande dessinée d’Alan Moore, le tueur en série étripe certes évidemment les prostituées à la nuit venue, suivant le même rituel sanguinolent que l’on connaît. Seulement, les enquêteurs de Scotland Yard s’accordent à penser que le meurtrier prend le temps d’élaborer sa mise en scène avec application et sang-froid, et qu’il ne peut donc s’agir que d’un fin connaisseur de l’anatomie humaine.

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Le procédé de Jack l’Éventreur reste à chaque fois le même : il tranche habilement la gorge de prostituées habitant les bas-fonds de Londres, puis leur fait subir des mutilations abdominales. Sur les cinq victimes avérées du serial-killer – une douzaine d’autres restent non attribuées –, trois ont vu un certain nombre de leurs organes internes extirpés. D’où la conjecture d’un meurtrier doté d’un authentique savoir-faire en matière de chirurgie.

Le Jack L’Éventreur filmé succinctement dans From Hell, sous sa longue cape noire et son chapeau de feutre élégant, se profile comme un homme de la bourgeoisie ou de la noblesse. Difficile pourtant d’envisager un instant qu’il s’agisse du médecin Sir William Gull, dont la stature trop modeste rentre en contradiction avec l’impression quelque peu herculéenne laissée par le tueur. C’est cependant cet angle qu’adopte le film : le petit homme délicat et savant se métamorphose en monstre. Et de se défendre auprès de l’inspecteur Abberline (Johnny Depp) en affirmant : "un jour, l’homme regardera en arrière et dira que j’ai donné naissance au 20e siècle". Pour Alan Moore et les frères Hughes, les cadavres laissés pas Jack l’Éventreur à l’orée du 20e siècle préfigurent en creux les grands crimes de l’Humanité : les deux guerres mondiales, l’holocauste, la terreur de Staline…

4 choses à savoir sur Jack l’Éventreur

1. Le nom "From Hell" du film fait référence à une lettre envoyée supposément par Jack l’Éventreur à George Lusk, président du comité de vigilance de Whitechapel au moment des meurtres. Dans cette dernière, le destinataire indique joindre à la missive la moitié d’un rein prélevé sur une femme, et en avoir fait frire l’autre partie.

2. Trop souvent, la question de sexisme en parlant de Jack l’Éventreur fait défaut. Or, la nature des crimes du tueur londonien, à un moment où s’amorçaient les débuts de l’émancipation féminine, paraît incontestable. Ce point de vue se manifeste en filigrane dans From Hell par le biais du médecin Sir William Gull, baronnet aux idées arrêtées – ici identifié comme le vrai Jack l’Éventreur.

3. La culpabilité de Sir William Gull a depuis été remise en question.

4. Outre le mode opératoire qu’on lui connaît (éventration, ablation de certains organes), Jack l’Éventreur optait essentiellement pour des victimes âgées de 30 à 40 ans. Il agissait dans la nuit, parfois vers 1h du matin, mais le plus souvent entre 3h et 6h du matin.

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