Theodore Bagwell (Prison Break)

Derrière ses réparties lumineuses et sa dérision désopilante, Theodore Bagwell escamote une nature de tueur polymorphe. Son besoin d’anéantir les autres – femmes, hommes, enfants – participe souvent d’un objectif complexe.

« T-Bag », pour les intimes, n’a pas vraiment le profil de l’enfant de cœur. Considéré comme l’un des méchants les plus inquiétants de la télévision, le personnage naît dans un contexte familial épineux. Probablement issu du viol d’Audrey Bagwell par son propre frère, Theodore Bagwell fait très tôt l’objet de violences et d’abus sexuels. Fou à lier, son père le force à apprendre par cœur toutes sortes de dictionnaires et d’encyclopédies, car il pense grâce à cela faire de lui un futur Président des Etats-Unis. Très vite, le comportement de T-Bag s’envenime jusqu’à préfigurer la trajectoire d’un psychotique meurtrier. S’adonnant d’abord au vandalisme, il passe petit à petit de la torture des animaux à la pyromanie. Puis son entrée dans l’âge adulte s’accompagne de meurtres, de viols et d’enlèvements. Ses pulsions sexuels n’ont alors pas vraiment de contour strict, trouvant autant leur assouvissement avec les jeunes adolescents qu’avec les hommes ou les femmes. En parallèle, il entre dans « l’Alliance pour la pureté », un groupuscule raciste et suprématiste célébrant la domination de la race blanche. Traqué par la police pour ses nombreux crimes, T-Bag réussit un temps à entretenir une relation amoureuse avec Susan Hollander, femme divorcée et mère de deux enfants. Mais celle-ci découvre l’horrible secret de son compagnon en tombant sur l’émission « America’s Most Wanted  ». Elle informe alors les autorités et Theodore finit emprisonné à la prison de Donaldson en Alabama, avant d’être transféré à Fox River. Sa condamnation compte six peines consécutives à perpétuité réelle. Toutefois, les six chefs d’accusation retenus (enlèvement, viols, meurtres) ne représentent qu’une partie infime de ses crimes.

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Antagoniste central pendant les cinq saisons de Prison Break (Paul Scheuring, 2005-2009), Theodore Bagwell s’apparente à un tueur en série d’une formidable intelligence. Bien que prolixe en nombre de victimes (22, dans la série), il se classe plus du côté d’un Hannibal Lecter que d’un Jason Voorhees. Éloquent, charmeur et roublard, T-Bag sait se faire apprécier des femmes pour obtenir ce qu’il désire. D’un tempérament assez discret, il est en général détesté par les autres détenus, a fortiori à cause de sa connivence avec l’ « Alliance pour la pureté  ». Sa façon de rester ainsi au second plan ou de conforter aux yeux de ses pairs l’image d’un psychopathe décérébré cache cependant une stratégie enchevêtrée. Une chose est certaine : Bagwell est bien plus malin qu’on ne l’imagine, d’autant plus quand il veut renforcer son aura fallacieuse de beauf raciste et stéréotypé. En somme, T-Bag incarne un animal à l’état brut doué d’une culture, d’un humour et d’une répartie lui assurant toujours ou presque de parvenir à ses fins.

3 choses à savoir sur Theodore Bagwell

1. À plus d’un égard, T-Bag semble avoir été modelé à partir du personnage Chris Keller (Oz). Tout aussi ambigu et imprévisible, sa roublardise fait oublier au tout-venant sa soif de sang et lui ouvre toutes les portes.

2. Bagwell perd sa main à la fin de la première saison et en récupère une prosthétique dans la seconde.

3. Il est interprété par l’acteur Robert Knepper, lequel incarne Frank Sinatra dans Cloclo (Florent Emilio-Siri, 2012).

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