Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux)

Les serial-killers les plus célèbres du cinéma (et des séries) -2

Faites la rencontre d’Hannibal Lecter, aka l’"éventreur de chesapeake". Derrière son masque-muselière, se cache aussi un être charismatique, boucher à ses heures mélomane et intello…

Croisement psychologique d’authentiques serial-killers parmi lesquels Ed Gein (pour le cannibalisme), Ted Bundy (pour le charisme et le bagout) ou encore Edmund Kemper (pour la nécrophilie), Hannibal Lecter compte parmi les génies du mal les plus fascinants du cinéma. Doué d’une intelligence et d’une culture hors-normes, il semble à même d’anticiper chacune des décisions de ses poursuivants. Son art hypnotique de la rhétorique et son raffinement lui ouvrent grand les portes d’innombrables cercles de la bourgeoisie. Fin gourmet et amateur de grands vins, Lecter boit volontiers un Montrachet pour accompagner ses ragoûts singuliers (à base, entre autres, de cadavres de musiciens ratés). Quant au chianti d’exception, il le privilégie pour relever la saveur du foie humain sur lit de fèves au beurre. Intouchable, cet esthète de l’homicide met régulièrement les agents du FBI à ses trousses aux prises d’un jeu de piste impénétrable et machiavélique. Autant de badinages l’emmenant au comble du divertissement.

L’altruisme calculateur et l’intellect envoûtants du personnage ne doivent pas faire oublier son implacable fourberie. Ainsi, sa bienveillance paradoxale ne tient qu’à son art minutieux de la dissimulation et de la feintise. Totalement immoral, incapable d’éprouver pitié ou remords, Hannibal Lecter représente le monstre dans son essence la plus brute. Ses massacres, son goût du sang et de la mort, n’ont d’égal que son insatiable érudition.

8 choses à savoir sur Hannibal Lecter

1. Un temps arrêté, jugé et condamné neuf fois à la perpétuité, Hannibal Lecter réussira à s’échapper d’une prison de haute sécurité à Memphis. L’occasion notamment d’éventrer l’un de ses gardiens et de faire de sa dépouille une sorte d’ange de la mort.

2. Le passé du protagoniste s’avère obscur, sinon elliptique. Orphelin d’une famille de la vieille noblesse lituanienne, celui-ci effectua des études de médecine à Paris, avant d’émigrer aux États-Unis où il devint psychiatre éminent. Son premier crime – la décapitation au katana d’un boucher criminel de guerre, commis pour venger un membre de sa famille – remonterait à ses 13 ans.

3. Au cinéma, Hannibal Lecter figure dans cinq films : Le Sixième sens (Michael Mann, 1981) ; Le Silence des agneaux (Jonathan Demme, 1991) ; Hannibal (Ridley Scott, 2001) ; Dragon rouge (Brett Ratner, 2002) ; Hannibal Lecter : Les Origines du mal (Peter Webber, 2007). La série Hannibal (Thomas Harris, 2013) raconte quant à elle la genèse du tueur en série, avant Dragon rouge.

4. De la tétralogie de Thomas Harris à la série de films, des différences apparaissent dans la trajectoire du personnage. Ainsi, le roman Hannibal envisageait la transformation physique du docteur, rendu méconnaissable par une opération de chirurgie esthétique. Or, il n’en fut rien dans le film éponyme de Ridley Scott (2001). D’autre part, si la fin du livre voit Clarice et Hannibal Lecter repartir ensemble comme dans une histoire d’amour macabre, le long-métrage se montre plus moral : l’agente du FBI échoue juste à capturer le tueur, lequel s’enfuit au gré d’un sacrifice… appétissant. Soulignons enfin qu’Hannibal Lecter n’a pas les yeux gris-bleu dans les romans, mais marron (« couleur havane ») aux reflets rouges.

5. Notamment pensé à l’image du tueur en série Ed Gein, Hannibal Lecter entretient donc quelques similitudes avec Norman Bates et Leatherface, sans oublier son collègue « Buffalo Bill » (Le Silence des agneaux). De fait, il incarne quelque part la synthèse moderne des serial-killers, son évolution contemporaine.

6. Hannibal Lecter et Clarence Starling entretiennent une relation ambiguë. La cadre du FBI finit inconsciemment au fil de ses enquêtes par voir en lui un guide spirituel, tandis que le tueur en tombe quelque part amoureux.

7. Interprète culte et inséparable du personnage, Anthony Hopkins a joué dans trois films de la saga : Le Silence des agneaux, Hannibal et Dragon rouge. À noter que ce dernier n’apparaît en tout et pour tout que 16 minutes dans Le Silence des agneaux, ce qui a néanmoins suffi pour le propulser au panthéon des tueurs en série de fiction.

8. Le masque porté par Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux – simili protection de gardien de hockey mâtinée de muselière – a servi de modèle pour celui du bassiste du groupe Sliplknot. Jason Voorhees en revêt également un assez analogue dans la saga des Vendredi 13. Nul doute que le but du costumier en matière de symbole, dans le film de Demme, était de mettre en évidence l’arme à double tranchant du serial-killer : sa bouche, aussi habile pour dévorer que pour ensorceler de mots.

Galerie photos

spip-bandeau
spip-slider

Votre commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.