JIGSAW (Saw)

Quelque part entre Cube et Cluedo, John Kramer, alias Jigsaw, invente les morts les plus effroyables et ingénieuses. Ou quand le « torture porn » fît son entrée dans la pop-culture.

De Jigsaw, le tueur antagoniste de la saga Saw, l’on retient d’abord l’automate terrifiant : Billy, une sorte de marionnette clownesque au visage blanc vêtue d’un costume noir à nœud papillon rouge. Son regard synthétique et ses lèvres rouges tranchent avec sa pâleur générale. Le serial-killer John Kramer (alias Jigsaw, le Tueur au Puzzle) se dissimule quant à lui souvent dans une pièce annexe (ou crée l’effet de surprise en se plaçant là où personne ne l’attend). L’arrivée de l’automate auprès des morts en sursis prélude toujours une énigme macabre. Un jeu cruel auquel les otages doivent se soumettre pour espérer garder la vie sauve. Le plus souvent, John Kramer imagine et personnalise ces lentes mises à mort au gré du profil psychologique de sa ou ses victimes. Ainsi, dans le cas où la proie est un voyeur, le dispositif peut consister à obliger cette dernière à se crever les yeux. Un moyen selon Jigsaw de permettre à la victime de renouer symboliquement avec l’existence via l’expiation de ses péchés. En cela, Kramer adopte-t-il une forme pervertie de morale. À noter que l’intelligence retorse qu’il déploie pour développer ces procédés de tuerie tient en partie à sa carrière passée d’ingénieur civil.

Comprendre le destin de tueur en série de Jigsaw, explicité notamment dans Saw 4, c’est faire un détour dans le passé de John Kramer. Alors qu’il était encore ingénieur, son épouse Jill Tuck, une infirmière, subît une fausse-couche après avoir été agressée par l’un de ses patients. Tombant peu à peu dans la dépression, Kramer se brouilla ensuite avec sa femme jusqu’à entraîner leur divorce. Enfin, sa tentative de suicide raté suite à son diagnostic de cancer du côlon le fît irrévocablement se transformer en Jigsaw – quelque part, le basculement s’apparente, en plus extrême, à celui d’un Walter White (Breaking Bad). Le recours à l’automate pour scénariser la mort de ses victimes lui permît par la suite d’ôter tout affect psychologique à ses crimes : ne restent plus que des machines et une voix monocorde dépourvue d’émotion. Remarquons que la mort de John Kramer, égorgé par une scie circulaire dans Saw 3, ne met pas fin à ses atrocités. D’une part parce qu’il dispose de tout un entourage d’apprentis à même de perpétuer ses crimes (Mark Hoffman, Zep Hindle… ), de l’autre parce que le jeu initié par l’authentique Jigsaw semble dorénavant se poursuivre de lui-même…

Le mode opératoire reste le plus souvent identique. Pour enlever ses victimes, Jigsaw se cache sous un masque de cochon hippie, puis leur injecte un anesthésique carabiné. La victime se réveille par la suite au son d’un message enregistré sur micro-cassette audio ou cassette vidéo, lequel expose les tenants et aboutissants du piège qui l’enserre. Comme s’en échapper suppose une souffrance physique intolérable, rares sont les personnes à ressortir en vie.

4 choses à savoir sur John Kramer

1. Saw 7 révèle comment John Kramer, en dépit de sa lourde maladie, est parvenu à mettre en place sa complexe machine de mort. L’installation des pièges fut possible grâce à l’aide du Dr. Gordon et de quelques victimes empoisonnées auxquelles il promettait l’antidote en échange.

2. Les apprentis de John Kramer – Amanda Young, Mark Hoffman, Zep Hindle, Obi Tate, Art Blank, Lawrence Gordon – ont la particularité d’avoir chacun survécu à un jeu de Jigsaw.

3. La saga Saw compte huit épisodes, en comptant le préquel Jigsaw (Michael & Peter Spierig, 2017).

4. Les crimes de Jigsaw s’imbriquent dans une tradition désormais bien circonscrite du cinéma d’horreur : le « torture porn ». Ce sous-genre théorisé au début des années 2000 par le journaliste David Edelstein a d’ailleurs en partie été pensé par l’intermédiaire des Saw, puis des Hostel (Eli Roth). Le principe consiste à voir des individus se retrouver aux prises de psychopathes les soumettant à d’innombrables tortures et brutalités. Un certain nombre de films plus ancien entrent dorénavant dans cette classification : La Dernière Maison sur la gauche, de Wes Craven (1972) ; Salo ou les 120 Journées de Sodome, de Pier Paolo Pasolini (1976) ; ou encore Cannibal Holocaust, de Ruggero Deodato (1980).

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