Club Sang

Profitez de toutes nos fonctionnalités et bénéficiez de nos OFFRES EXCLUSIVES en vous inscrivant au CLUB.

JE REJOINS LE CLUB SANG

Né d’aucune femme - Franck Bouysse

Club Sang

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour pouvoir participer au Club !

12 #AvisPolar
0 enquêteur
l'a vu/lu
3 enquêteurs
Veulent le voir/lire

Résumé :

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile ». - Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? Demandais-je. - Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. - De quoi parlez-vous ? - Les cahiers... Ceux de Rose.
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Vos #AvisPolar

  • L’atelier de Litote 20 janvier 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Né d’aucune femme est un roman tout ce qu’il y a de plus noir, l’auteur nous donne à voir le côté intime et profond de l’âme humaine. Nous allons suivre une toute jeune fille presqu’une enfant car à quatorze ans on est encore dans l’enfance même si on est l’ainée d’une fratrie de quatre filles. C’est au travers de la révélation des cahiers de Rose que Gabriel, curé de son état va nous livrer un récit unique et touchant. Tout débute par une confession et la visite d’un ancien Monastère transformé en asile d’aliénés. A partir de ce moment nous entrons de plein pied dans l’écriture captivante si réaliste et au combien taiseuse de l’auteur, pour ceux qui ont déjà lu Plateau, Grossir le ciel et Glaise, c’est l’assurance de retrouver une certaine ruralité, un côté bourru et à la fois une poésie derrière les lignes qui m’a bien souvent émue. Difficile de poser la date de ce récit mais pour ma part je l’ai situé à l’époque de Maupassant et à dire vrai je trouve que ça colle parfaitement. J’ai aimé la construction du roman où chaque personnage prend la parole. On trouve tous les traits de caractères, leurs différentes façons de s’exprimer et de penser, jusque dans les détails chacun des personnages possède une belle épaisseur et cela donne au récit toute sa profondeur. Bien entendu le point central du métier, reste notre Rose. C’était un témoignage fort sur ce que l’on peut vivre dans l’impuissance la plus totale, la condition féminine bafouée et Rose porte tout cela avec une force de caractère admirable et une belle intelligence. Elle porte en elle cette lumière qui ne s’éteindra pas même si elle se confronte avec la noirceur des uns, la soumission et la lâcheté des autres. La seule chose qui m’a gênée, juste le temps pour moi de m’y habituer, c’est la manière dont sont écrits les dialogues, sans ponctuation, à la suite les uns des autres, de quoi me perdre régulièrement. Ce récit est magnifique et le final que nous découvrons est comme une très belle cerise sur ce beau gâteau. Bonne lecture.

  • Devoratrix Libri 11 février 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Né d’aucune femme est un roman noir, sinistre, terrible ! On ne ressort pas indemne d’une lecture aussi éprouvante émotionnellement, et si brillamment écrite ! Un joyau d’écriture qui fait se mêler une plume poétique et maîtrisée, à des images évocatrices et bouleversantes. Ce roman fait incontestablement partie de ces livres percutants, vibrants, dérangeants, qu’on met du temps à digérer une fois refermés, avant d’en apprécier toute la saveur, tous les arômes de ces mots obsédants et enivrants, de ces images tournoyant longtemps dans notre tête et dans notre âme, se nichant profondément au fond de nous !

    Un roman aux teintes plus sombres qu’un roman noir, un roman obscur et affreusement humain qui jette dans l’arène la fragile et douce Rose. Le spectacle peut commencer. Gabriel est curé. Il est appelé à l’asile pour l’enterrement d’une femme, internée depuis des années. Cette femme serait devenue folle avoir avoir tué. Une étrange femme se présente à Gabriel, une infirmière. Il doit récupérer des cahiers, cachés sous la robe de la défunte. Autant vous dire que ce livre va bouleverser sa vie. Il s’agit des carnets d’une jeune femme dénomée Rose.

    On se trouve projeté dans la campagne profonde de la fin du XIXe siècle. La misère est omniprésente, la mière est étouffante et elle est devenue le lot quotidien d’Onésime et de sa famille. Il peine à nourrir sa femme et leurs quatre filles. Une seule solution s’offre à lui : vendre sa fille aînée à un riche maître de forge. Quelques deniers contre une vie. Est-ce à cela que que se résume une vie humaine ? La vie de sa fille ? Pour Rose, le tribut sera lourd : son innocence, sa vie, ses rêves. Rose ne sera plus jamais la même, son âme et son corps brisés, ne lui appartenant plus. La voilà sous les ordres de l’infâme « maître » et de sa harpie et vampirique mère. Rose, plus une enfant, prématurément condamnée à devenir une femme et une héroïne tragique, malgré elle.

    On suivra le destin de Rose, ponctuée de toutes ces rencontres, et une seule question reste suspendue à nos lèvres : va-t-elle pouvoir se libérer de ses chaînes ? Existe-t-il une issue à ce cauchemar ? Des griffes du maître, aux barreaux de l’asile, comment Rose va-t-elle s’en sortir ?

    Franck Bouysse est un grand conteur, un artisan des mots. Tout son talent réside dans sa manière d’explorer les profondeurs de l’âme humaine, de décrire sans retenue, aucune, le calvaire de Rose, tout en travaillant les mots, à l’image d’un sculpteur aguerri et appliqué.

  • Lectures noires pour nuits blanches 26 février 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    La magie de Franck Bouysse a encore opéré. Lire un de ses livres c’est plonger dans un univers particulier, c’est se retrouver en immersion totale pendant quelques heures.
    C’est ça Franck Bouysse, un univers bien à lui, rural, noir, sombre. C’est se retrouver en pleine campagne avec les bruits, les odeurs.

    Franck Bouysse ce sont des personnages simples, comme tout un chacun, mais forts, attachants, inoubliables. Ils prennent vie sous sa plume le temps d’un roman et finissent dans un coin de ma tête, blottis parmis tous les personnages de livres qui m’ont touchée, émue, fait trembler. Comme de vieux amis à qui je pense parfois.

    Franck Bouysse c’est surtout une écriture sublime. Une manière de raconter qui vous transporte. Un conteur hors pair, un magicien des mots. C’est de la poésie, des émotions à fleur de peau, de la noirceur et beaucoup de sensiblilité.
    Ce sont des histoires somme toute banales, avec des personnages banals qui sous sa plume deviennent des histoires extraordinaires que l’on ne peut oublier aisément. On ne lit pas une histoire, on vit l’histoire.
    C’est des passages que l’on lit et relit. Des phrases superbes que l’on voudrait garder et qui noircissent des carnets.

    Franck Bouysse c’est aussi de splendides couvertures sépia qui collent parfaitement à son univers.

    Né d’aucune femme c’est tout ça et plus encore. C’est un pincement au coeur, une larme qui s’échappe. C’est Rose, petite fille fragile et forte à la fois qui a trouvé son petit coin dans ma tête et s’y est déjà installée pour longtemps.

    Merci Monsieur Franck Bouysse pour ces moments toujours précieux que sont la lecture de vos livres.

    Un conseil : lisez ce livre, lisez cet auteur.

  • madame.tapioca 3 mars 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Je sais bien que l’on ne peut pas tout lire mais quelle erreur impardonnable de ma part de n’avoir jamais lu Franck Bouysse.
    Lacune comblée avec son dernier livre.

    « Né d’aucune femme » fait partie de ces livres que l’on ne peut pas lâcher dès les premières pages.
    Il y a une histoire, il y a une ambiance, il y a une écriture.

    C’est à partir des carnets de Rose écrits depuis l’asile où elle croupit et récupérés par le prêtre qui vient bénir sa dépouille que l’histoire de cette femme se dévoile petit à petit.
    Alternant les narrateurs, ce roman noir va nous conter son enfer depuis le jour où son père doit se résoudre à la vendre à un maître pour pouvoir nourrir le reste de la famille jusqu’à son enfermement.

    À quelle époque sommes-nous ? Je ne saurais vous le dire. Cela pourrait se passer au début du 20eme comme bien plus tôt.
    On entre dans les ténèbres, dans la noirceur de l’âme humaine en essayant de reconstituer la vie de Rose et on tourne les pages à toute vitesse.

    L’écriture est brillante, à la fois poétique, dure, racée et intense. Ça sent la terre, ça sent le froid et ça vous prend à la gorge. Roman brut et vertigineux dans lequel se dessinent des personnages marqués par la vie, où la campagne et ses aspérités révèlent et forgent des caractères et des âmes...

    J’ai rencontré un écrivain singulier, puissant, un orfèvre des mots et du romanesque au sens noble du terme.
    Immense bonheur que de découvrir un auteur français de cette trempe !

  • Stef Eleane 5 mars 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Franck Bouysse fait partie des auteurs en qui j’ai une confiance totale. Pas besoin de lire la 4ème de couverture, pas besoin de lire les avis des divers lecteurs. Tous ses livres arrivent chez moi. Une fois de plus Né d’aucune Femme est un roman qui vous fait palpiter le cœur tel des extrasystoles. Attention de ne pas y laisser votre souffle.

    Avec Franck Bouysse, dans chaque roman, nous faisons des rencontres. Généralement ce sont des gens simples. Des gens de la terre. Ce sont des lieux, nos campagnes françaises belles, exigeantes.

    Né d’aucune femme nous raconte l’histoire d’une jeune fille vendue par son père. Cet homme n’est pas mauvais. Ce n’est pas quelqu’un de vénal qui se dit que sa fille est un bien. Non, c’est un fermier qui n’a que des filles, qui n’arrive pas à subvenir aux besoins de sa famille, qui n’a pas de fils pour l’aider et qui vit à une époque où les filles ne sont rien, elles ne peuvent faire le travail d’un homme. C’est un homme qui fait, à un moment donner, le seul choix qui s’impose. Sa fille ainée sera mieux en tant que servante dans une famille riche. Elle mangera tous les jours. Elle dormira au chaud. Elle aura une chance. Alors, non cet homme n’est pas un homme mauvais. Mais comment le faire comprendre à sa femme et ses autres filles ?

    Rose est cette jeune fille vendue par son père. Oui elle est en colère. Oui elle pleure le premier soir dans sa petite chambre au dernier étage de cette grande demeure. Oui elle a peur de cet homme et de cette femme qui la regarde avec indifférence et méchanceté. Oui elle rêve de ses sœurs, de sa mère et de la ferme où elle a grandi.

    Né d’aucune femme est l’histoire d’un prêtre qui lit l’histoire de Rose sur des cahiers. Elle voulait raconter l’histoire de sa vie avant d’être oubliée. C’est une remontée dans le temps, dans l’histoire et dans l’horreur de Rose.

    "La seule chose qui me rattache à la vie, c’est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient."

    Frank Bouysse c’est avant tout une plume poétique, immersive, enjôleuse. Une des plus belles de nos auteurs contemporains.

    Par moment mon âme de lectrice est partie sur d’anciennes lectures dont l’excellent Le testament caché de sebastian barry ou encore La couleur du lait de nell leyshon. Tous diffèrent et pourtant je trouve qu’ils sont liés .

  • polar_et_cafe_noir 24 mars 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Énorme coup de cœur.
    Que d’émotions à la lecture de ce roman, j’ai le cœur en miettes...
    L’histoire est celle Rose, aînée de 4 filles. Ses parents sont paysans, vivent dans la misère, et peinent à nourrir leurs enfants. Rose a 14 ans lorsque son père la vend à un châtelain, dont elle devient la domestique. On a déjà tellement mal pour elle, arrachée aux siens, à sa mère et ses sœurs auxquelles elle n’a pas dit au revoir, elle qui se sent trahie par son père... mais ce n’est rien par rapport à ce qui va suivre.
    Franck Bouysse nous livre un récit haletant à plusieurs époques et plusieurs voix : Rose, bien sûr, mais aussi les personnages entourant Rose, bienveillants ou non.
    Le père, écrasé par le remords, m’a touchée (et pourtant je l’ai détesté au début). La construction est habile et réservent des surprises de taille, même si une partie de l’intrigue est prévisible.
    La douleur et le désespoir crèvent les pages, certaines scènes sont insoutenables, la lecture se fait en apnée.
    Et pourtant quelques parenthèses suspendues hors du temps permettent de reprendre son souffle et d’espérer, un peu, un rai de lumière au bout du tunnel.
    Né d’aucune femme est un roman noir éblouissant, remarquablement écrit, de ceux, pas si fréquents, qui marquent.

  • caro.l.i.t.ne 8 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    "Les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde."
    ▪️
    ▫️▪️▫️
    ▪️
    Dire des mots. Écrire des mots. Inventer des mots.
    Les apprivoiser, les semer, en prendre soin, les laisser grandir puis s’exprimer.
    Manipuler les mots, les assembler , les accumuler.

    Écrire un mot, une phrase, un paragraphe. Remplir une page. Un cahier. Des cahiers.

    Confier des cahiers pour qu’ils soient transmis. Pour que les mots soient lus.
    ▫️
    ▪️▫️▪️
    ▫️
    Les mots de Rose

    Pour que son histoire, sa vérité soient connus.
    Pour dire sa douleur, ses douleurs ; physiques , psychologiques, morales.
    Pour exprimer l’immonde. L’innommable.

    Pour aller au bout, au bout de soi-même.
    Pour se raccrocher à la vie.
    Pour dire, pour crier son nom. Ne pas l’oublier .

    Pour garder son âme. Sa liberté.
    Quand tout libre - arbitre vous est refusé, quand vous êtes enfermée. Quand vous ne pouvez plus disposer de vous-même.

    Pour laisser une trace, pour de pas être oubliée.
    Pour exister aux yeux de quelqu’un.

    Pour conjurer les mots des autres.
    Qui heurtent, blessent, déshumanisent.
    ▪️
    ▫️▪️▫️
    ▪️
    Les mots de l’auteur

    Durs. Crus. Bruts.
    Violents. Apres. Rudes.
    Mais justes. Si justes.

    Des mots pour dire la violence, la souffrance, la culpabilité.
    Le dégoût, la douleur, la honte.

    Des mots pour dire le courage, la volonté, la force.
    Des mots pour croire en la liberté et l’humanité.

    Des mots pour espérer le remords. Le pardon. La rédemption

    Des mots pour louer la résilience.

  • caro.l.i.t.ne 8 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    "Les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde."

    Dire des mots. Écrire des mots. Inventer des mots.
    Les apprivoiser, les semer, en prendre soin, les laisser grandir puis s’exprimer.
    Manipuler les mots, les assembler , les accumuler.

    Écrire un mot, une phrase, un paragraphe. Remplir une page. Un cahier. Des cahiers.

    Confier des cahiers pour qu’ils soient transmis. Pour que les mots soient lus.

    Les mots de Rose

    Pour que son histoire, sa vérité soient connus.
    Pour dire sa douleur, ses douleurs ; physiques , psychologiques, morales.
    Pour exprimer l’immonde. L’innommable.

    Pour aller au bout, au bout de soi-même.
    Pour se raccrocher à la vie.
    Pour dire, pour crier son nom. Ne pas l’oublier .

    Pour garder son âme. Sa liberté.
    Quand tout libre - arbitre vous est refusé, quand vous êtes enfermée. Quand vous ne pouvez plus disposer de vous-même.

    Pour laisser une trace, pour de pas être oubliée.
    Pour exister aux yeux de quelqu’un.

    Pour conjurer les mots des autres.
    Qui heurtent, blessent, déshumanisent.

    Les mots de l’auteur

    Durs. Crus. Bruts.
    Violents. Apres. Rudes.
    Mais justes. Si justes.

    Des mots pour dire la violence, la souffrance, la culpabilité.
    Le dégoût, la douleur, la honte.

    Des mots pour dire le courage, la volonté, la force.
    Des mots pour croire en la liberté et l’humanité.

    Des mots pour espérer le remords. Le pardon. La rédemption

    Des mots pour louer la résilience.

  • VALERIE FREDERICK 8 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Que de subtilités émotionnelles dans cette histoire ! En quatrième de couverture, Franck Bouysse est qualifié de « sculpteur hors pair de la langue » et je reconnais que ma lecture a été ponctuée d’étonnements liés à l’avancée, tout à fait inattendue de l’intrigue, et de plaisir à savourer la langue utilisée par l’auteur. Ah ! Cette phrase : « Toute ma vie j’ai failli être un homme » ! Tout est dit dans ces quelques mots ! Ces regrets et la lâcheté de l’être humain qui entraînent tant de drames. Mais aussi cette animalité qui prime chez d’autres, qui écarte un individu du paradigme social attendu de tout homme dit civilisé.
    Ici les personnages sont des figures d’orfèvre. Nous sommes dans la campagne des Landes, probablement vers le début du XXe siècle. Un curé est appelé pour procéder à l’enterrement d’une indigente ; une femme enfermée dans un asile dont on ne souhaite même pas révéler le prénom. Cachés sous son jupon, le Père Gabriel va découvrir des journaux intimes…
    Une histoire va alors se dérouler sous les yeux du lecteur ; tantôt narrée par une jeune fille prénommée Rose, par le palefrenier, Edmond, par le père de Rose, Onésime, sa mère, et Gabriel lui-même. Et c’est un récit bien souvent cruel qui va mener à une histoire de vie dramatique mais oh combien, on le sait bien, réel. Le personnage de Rose va prendre toute sa splendeur. D’abord jeune fille destinée à devenir domestique dans une grande maison, l’avenir que ses maîtres lui promettent sera nimbé de toujours plus de noirceur.

    Rose n’est pas un personnage que l’on oubliera du jour au lendemain.
    Rose est une femme de papier certes, mais de papier cartonné.
    Rose vous touchera, vous retournera les tripes.

  • Kirzy 15 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Pourquoi je vis, pourquoi je meurs
    Pourquoi je lis, pourquoi je pleure ...

    ... assurément pour de tels livres, les vibrants, les telluriques, ceux que tu n’oublies pas une fois refermés et achevés, ces mots qui continuent à tournoyer dans ta tête de façon obsédante.

    Né d’aucune femme est de ce calibre-là. Sombre mais jamais obscur, profondément romanesque mais si humain. Rose, ma petite Rose, si digne dans l’insoutenable cruauté de la vie, sauvée par les mots.

    « Les mots , nous dit-elle dans l’intimité des chapitres qui lui sont consacrés, j’ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je ne comprends pas toujours et que j’aime quand même, juste capable de m’emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu’il sont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle les mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, (... ) et tellement d’autres que j’ai retenus sans effort, pourtant sans connaître leur sens. Ils me semblent plus légers à porter que ceux qui disent. Ils sont de la nourriture pour ce qui s’envolera de mon corps quand je serai morte, ma musique à moi. C’est peut-être ce qu’on appelle une âme. »

    Edmond et ses épaules émouvantes qui avoue : « toute ma vie j’ai failli être un homme », qui le deviendra peut-être après le mot « fin ». Gabriel, le prêtre empathique qui sait porter la souffrance des hommes, et l’entendre pour faire bouger le destin et apporter l’espoir. Tous les personnages sont formidablement campés, c’était comme si je pouvais tous les voir à porter de mots, leur visage, leur âme même.

    Franck Bouysse est un grand, un grand conteur qui construit admirablement son roman pour faire naître les émotions dans les révélations qui distillent au moment juste ; un grand styliste, une écriture à l’os. Combien de phrases, de passages j’ai relus, uniquement pour m’en enivrer tellement ils sont beaux, puissants, brillants sans jamais tomber dans la démonstration vide de sens.

    Et cette formidable couverture, au diapason de la perfection de ce roman. Cette sublime Madone allaitante, forte et attentive, en écho à Rose, à sa mère et ses « trois filles arrachées au néant, au motif qu’un homme et une femme se doivent de fabriquer un peu plus qu’eux-mêmes pour échapper au temps, sans penser ni même imaginer qu’un seul instant les malheurs à venir et le cadeau empoisonné que peut devenir une vie. Parce que sortir un petit être du néant d’avant pour lui offrir celui d’après est une immense responsabilité, une pure folie. »

    Parce que j’en ai encore les larmes aux yeux, parce que je tremble encore un peu.

  • Cedalu Cedrina 23 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    Ce matin je poste cette photo avec le coeur et l’esprit en miettes tout en pensant au destin de Rose. ✍️✍️✍️✍️✍️✍️✍️Comment ne pas penser à ce roman captivant qui m’a accompagné durant le dimanche gris et pluvieux, j’ai été charmé par l’écriture poétique, sensible et contemplative de @franckbouysse. Je vous laisse le résumé pour vous faire une idée sur le sujet : "Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile. - Et alors, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je. - Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés. - De quoi parlez-vous ? - Les cahiers... Ceux de Rose." Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Avec ce roman sensible et poignant, il confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.✍️✍️✍️✍️Je n’ai absolument pas peur des mots aussi bien je peux vous dire que ce roman m’a envoûté une fois commencé je n’ai pu m’arrêter. ✍️✍️✍️✍️✍️Certes j’ai plongé dans l’horreur, une ambiance oppressante un poil gothique m’a tenue en haleine toute la durée du chemin de croix de Rose ; sa souffrance, ses espoirs, ses joies, ses peines, son chemin vers la maternité m’ont profondément émue. Je connaissais l’auteur, de nombreuses fois j’avais tenté de lire ses précédents romans qui étaient largement plébiscités par mes amis blogueurs mais je n’avais pas accroché à l’histoire et je peux vous dire que je le regrette amèrement car l’émotion que j’ai pu ressentir à la lecture de ce récit c’est vraiment ce que je recherche à chaque ouverture de livre. ✍️✍️✍️Oui malgré la noirceur de cette histoire j’ai trouvé le roman magnifique, il est truffé de description de nature et évoque chaque situation avec tellement de sensibilité que j’avais l’impression d’y assister. Au travers les carnets de Rose j’ai pu entrevoir la condition difficile des paysans d’autrefois, des émotions brutes et simplistes mais tellement vraies.

  • jeanmid 29 mai 2019
    Né d’aucune femme - Franck Bouysse

    On sort de cette lecture un petit peu changé . Et n’est-ce pas le plus important finalement ?
    Car Frank Bouysse sait la puissance du verbe et la force des mots . Ces mots rares qui touchent et émeuvent. Comment en effet ne pas se laisser attraper et magnétiser par ce conte où une fois de plus le mal s’acharne sur l’innocence d’un être qui découvre avec étonnement et ravissement sa transformation de fille en femme ? Un état nouveau plein de douces surprises sentimentales mais qui ouvre aussi une porte sur de nouveaux périls si tant est qu’elle soit touchée par l’âme traîtresse d’un homme . Cette Rose à peine ouverte et déjà souillée.
    Comment ne pas plaindre de tout coeur cette malheureuse , l’aînée de la famille que son père a vendue pour se faire un peu de sous et nourrir ses trois autres filles et sa femme . Car quand on n’a pas de terre à soi et pas de garçon fort pour l’aider à la ferme les temps peuvent paraître plus durs et le futur plus incertain. Mais peut être n’est-il pas trop tard . Peut-être peut-il encore la récupérer et rendre l’argent de sa corruption qui lui brûle les doigts et dont la culpabilité a fait de sa femme une ennemie farouche . Mais peut-être ne reste-t-il que l’espoir ?

    Une écriture magnifique et captivante , à fleur de peau des personnages dont on perçoit le moindre mouvement, la moindre souffle , la moindre souffrance physique ou psychologique comme s’ils se tenaient devant nous , à chaque instant. Une perception précise et presque physique de chaque émotion que ressentent ces personnages .
    En explorateur infatigable des mots et des maux de la société , aussi peu juste soit-elle, l’auteur limousin souhaite pour autant toujours laisser filtrer un peu de lumière à travers cet abysse de noirceur et cette lueur qui perce et qui sauve c’est encore grâce à des mots : ceux couchés sur ces cahiers , ces cahiers qui témoignent et qui laisseront leur trace indélébile devant l’éternel.

Votre #AvisPolar

Votre note :
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.