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Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

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11 #AvisPolar
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Résumé :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc de notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.
Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.
Branle-bas de combat de la smala ! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l’innocenter, lui ô notre frère.

Vos #AvisPolar

  • Lau Lo 4 juillet 2018
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    On connaissait Marin Ledun auteur de romans Noirs où l’humour n’est pas forcément ce qui transparait le plus. Quand je l’ai vu sur un salon, il m’a parlé de son nouveau roman à paraitre à la Série Noire (Gallimard). Il m’a parlé d’un roman totalement différent, une histoire qui lui tenait à cœur.

    Quand j’ai vu la couverture du roman en question, moi celle qui se complait dans le sombre et le tragique, j’ai dit banco à cette superbe nana rose.

    "Un père, une mère et leurs six enfants. Deux filles, quatre garçons. Une équipe mixte de volley-ball et deux remplaçants, ma famille au grand complet. Neuf en comptant le chien. Onze si l’on ajoute les deux chats".

    Un des frères ne rentre pas dormir un soir et le lendemain, la famille au grand complet apprend qu’il est en fuite et recherché pour le braquage d’un bureau de tabac qui a mal tourné.

    Marin Ledun se glisse alors dans la peau de Rose, l’ainée des filles, 21 ans, un peu gothique, un peu seconde main d’Adelaïde, la mère. Rose part à la recherche de son petit frère, persuadée de son innocence et du délit de faciès dont Gus est victime.

    Parce que Gus, Antoine et Camille, les trois derniers, sont des enfants adoptés, tirés de la misère Colombienne.

    Quand les enfants adoptés sont petits, tout est beau, tout le monde il est gentil, puis les petits doudous grandissent et leur petit air de poupée exotique disparait. Les bébés noirs ou colombiens, tôt ou tard, ils ramènent leurs problèmes congénitaux avec eux, voilà ce que pas mal de gens pensent. Du coup, les adoptés, on les trouve moins mignons, alors on s’empresse de les montrer du doigt dès qu’on a besoin d’avoir sous la main des coupables frais de port compris.

    A travers cette famille nombreuse, très soudée, un peu loufoque tendance Bidochons ou Tuches, l’auteur nous parle avec beaucoup de légèreté et d’humour de ce racisme « ordinaire » qu’on rencontre tous les jours et surtout dans les petites villes. Les commères, les tellement irréprochables parents d’élèves, les petits commerçants, qui voit en chaque « basané » un coupable idéal, les notables qui jugent tous ceux qui ne sont pas de leur « rang ».

    L’auteur change donc de style pour ce polar « feel good » et j’ai franchement adoré. C’est drôle et léger mais avec cependant un message clair. Certains clins d’œil ne seront peut-être perçus que par certains mais le tout est exactement ce que j’attendais, mieux même.

    Partez faire la connaissance de cette famille qui ressemble finalement à beaucoup de familles avec ses disputes et son amour.

    Marin Ledun m’a surprise et conquise avec ce roman. J’attends la suite des aventures de la famille Mabille-Pons !

  • Annec 3 mars 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    J’ignorais cet auteur pourtant fort de plus d’une quinzaine d’ouvrages à son actif. Dans ce dernier roman, l’écriture amusante mais précise nous gratifie d’un comédie policière loufoque mais agrémentée de réalisme social.
    Comme j’ai bien apprécié celui-ci, je me relaisserai tenter par d’autres titres si les précédents livres de M. Ledun sont dans la même trame. J’adhère à son humour.
    Quand la narratrice Rose, l’aînée de la fratrie, plante le décor en présentant la smala très originale (six enfants dont trois adoptés), on pressent une ambiance fantasque et décapante. Beaucoup de personnages s’emmêlent, s’embrouillent et s’entraident mais leur nombre ne brouille pas la vision du lecteur.
    Les parents Charles et Adélaïde, forment un couple harmonieux. En apparence, ils représentent une certaine société conventionnelle (déjà leur prénoms classiques donnent le ton). Ils exercent des professions dans la lignée de métiers tout aussi traditionnels. Avec Charles premier clerc, et Adélaïde infirmière aux urgences, le couple n’inspirent pas des tempéraments fantaisistes, ni anticonformistes. Et pourtant, leurs idées et leur mode de vie se révèle être en total décalage avec cette lisse apparence.
    Pragmatiques et doués d’une générosité sans limite, l’adoption leur a permis de se réaliser comme parents d’une famille nombreuse, mais unie et du coup, ô combien disparate.
    Plus de détails sur ce polar coloré sur le blog : https://lesparolesenvolent.com/salut-a-toi-o-mon-frere-de-marin-ledun/

  • Rewina 19 avril 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Merci à Bepolar et aux éditions j’ai lu pour m’avoir offert ce livre. Les polars avec des familles déjantées me manquaient un peu.Les Malaussène avaient peu à peu déserté les librairies et les Spellman étaient nettement plus ennuyeux à lire malgré leurs péripéties. Alors bienvenue à une nouvelle famille de déjantés. Les personnages : l’héroïne très cultivée, beaucoup d’auteurs classiques en référence, une mère poule extravertie et anarchiste, 4 frères et une soeur dont trois enfants adoptés et un père clerc de notaire. Un des frères d’origine colombienne est suspecté d’attaque à main armée. Il prétend qu’il a été enlevé. L’enquête est lancée, l’héroïne rencontre un bel enquêteur. Pour être franche, c’est plus l’ambiance familiale et les personnages qui sont intéressants. L’enquête policière en elle-même est basique. Il y a de l’humour, de l’amour et un peu de suspense, tout pour passer un bon moment. J’espère qu’il y aura beaucoup de suites à ce premier opus !

  • lola marie 21 avril 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Une famille soudée, un peu perchée, une énigme policière sur fond de comédie sociale et pourtant je suis totalement passée à côté de ce livre que l’auteur a teinté d’humour auquel je n’ai pas vraiment été sensible. Beaucoup trop de références à mon goût, cela casse l’écriture pourtant de qualité. Cependant, un roman qui a reçu d’excellentes critiques sur plusieurs réseaux littéraires ce qui avait guidé mon choix

  • Lisez.du.polar 26 avril 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Rose, c’est ma meilleure copine.
    Celle qui s’affranchit des convenances, entre une mère infirmière anarchiste et un amoureux officier de police judiciaire.
    Celle pour qui l’amour des siens ne connaît aucune limite, et qui est capable du pire comme du meilleur pour sauver sa tribu.
    Celle qui se bat contre le racisme, la rumeur, les préjugés et ses calculs rénaux.
    Qui peut citer, entre deux shoots de morphine, Baudelaire, Marylin Manson et Woody Allen, sans explication de texte.
    Parce qu’elle est comme ça Rose, à prendre ou à laisser, sans jamais se fourvoyer.

    Salut à toi, ô mon frère (salut à vous les Béru !) : une satire sociale doucement déjantée, un petit bonheur grinçant des dents, un polar décoiffant et impertinent.
    À consommer sans modération !

    Merci à Bepolar et aux Editions J’ai Lu pour cette découverte !

  • anne-lineC 26 avril 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    🏵Salut à toi ô mon frère 🏵
    Attention les roses ne sont pas la pour qualifier le roman ( à l’eau de rose ...😅). Rose est le prénom de la narratrice de ce roman ou l’intrigue n’est qu’un prétexte.
    L’intérêt ne vient , en fait, que de la vie de cette famille . Famille nombreuse de 6 enfants dont 3 adoptés. Les parents , au bout de 3 enfants "naturels" ont décidé qu’ils avaient encore beaucoup d’amour à donner et ont préféré le partager avec de jeunes orphelins colombiens.
    Et l’histoire de cette grande famille nous est racontée par la fille aînée, Rose, qui après khâgne décide de faire un break et bosse à un nouveau concept dans un salon de coiffure : lire de la littérature classique aux clientes pendant leurs mises en plis : allier culture et coiffure.
    Le verbe de Rose est haut en couleur et fleuri, un humour caustique et ravageur. Elle est très drôle en gothique intello à l’humour noir décapant.
    L’intrigue vient de l’un de ses jeunes frères, Gus, prit en flagrant délit de braquage par la vidéo d’un bureau de tabac. D’origine colombienne, Gus a forcément un faciès de coupable... Pourtant sa famille ne croit en rien à sa culpabilité et fait fis de ce racisme primaire.
    D’autant que Gus crie à son innocence malgré les preuves accablantes. Sa disparition suscite l’inquiétude et toute la famille s’attèle à découvrir où se cache Gus et ce qui a pu lui arriver.
    L’intérêt de ce roman est, comme je l’ai dit au début, dans les aventures de cette "petite" famille narrées par une des filles de la maisonnée avec son langage et son vocabulaire décapants.
    Malgré tout, on se surprend à vouloir terminer le livre , non seulement pour suivre les pérégrinations de la famille Mabille-Pons mais aussi pour connaître comment Gus s’est retrouvé entre 2 types cagoulés en train de braquer un buraliste.
    ⚠️Attention si vous lisez dans le bus ou le train, des ricanements inopinés risquent de vous échapper ⚠️
    Je découvre cet auteur, Marin Ledun, avec ce titre mais je n’hésiterai pas à me procurer d’autres titres a l’occasion d’autant plus qu’un prochain roman semble suivre celui-ci.
    Nous retrouverons Rose avec grand plaisir...😅

  • colorandbook 30 avril 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    La recette magique de : salut à toi ô mon frère : une grosse dose d’humour, une famille nombreuse de six enfants dont trois adoptés, des personnages complètement barrée et atypique, un village un peu raciste au préjugé bien encré, un auteur qui case les codes du thriller, des situations loufoque, et enfin, bien mélangé le tout. Vous avez entre les mains un thriller complètement barré sous fond de racisme tellement drôle. Une vraie comédie policière originale, un petit bijou. Je vous le conseille vivement

    Les + :

    * J’ai beaucoup aimé les personnages de cette histoire. Ils sont originaux, attachants, drôles, bien construits et intéressent à suivre.

    * L’histoire en elle-même, est très sympa, il y avait une bonne dose de mystère et surtout des situations plus loufoque les unes que les autres.

    * J’ai aimé la manière utilisée par l’auteur pour traite le thème du racisme ordinaire, de la discriminations et des préjugés.

    * La plume de l’auteur, j’ai adoré son humour, cetair fluide et très agréable à lire.

    Les - :

    * Un peu trop gros par moments, des situations un peu trop loufoque.

    * J’aurais aimé que le côté thriller soit un tout petit peu plus développé.

  • laurylit 2 mai 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Polar complément déjanté !
    Ce livre est fou ! Très drôle 🤣
    J’ai vraiment trop aimé !
    Pour vous faire un petit résumé, c’est l’histoire d’une famille nombreuse atypique composée de 6 enfants dont 3 adoptés mais aussi d’une mère "anarchiste révolutionnaire " d’un père pacifiste et fou amoureux de celle-ci sans oublier 1 chien et 2 chats !
    Mais un jour l’un des enfants Gus manque à l’appel et pour cause il est en fuite , accusé de braquage !
    Panique dans cette folle famille qui va tout faire pour le sortir de là 😊
    Les situations sont plus loufoques les unes que les autres . Les personnages hauts en couleur et uniques !
    J’ai adoré toutes les références cinés séries ou livres actuelles .
    Bref c’est blindé d’humour, d’amour et d’extravagances ...
    Ça sort le 15 mai aux éditions jailu alors foncez-vous le procurer !

  • piou1974 4 mai 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Vous connaissez les Malaussène de Daniel Pennac, découvrez les Mabille-Pons de Marin Ledun.

    Une famille atypique composée d’enfants naturels et adoptés avec en prime 2 chats et un chien qui cohabitent dans un grand tohu-bohu dirigée de main de maitre par Adélaïde la mère de famille une post soixante huitarde en rébellion avec le système. Les femmes de la famille sont des figures quasi tutélaires avec un fort caractère puissant quasi castrateur qui laisse peu de place aux mâles très effacés mais dont cette situation ne semble que peu les émouvoir, en tout cas ils se laissent porter pas dans ce matriarcat.

    Suivez les tribulations de Rose l’ainée des filles à la recherche de son frère adoptif Gus qui sera comme Malaussène le bouc émissaire de toute une ville suite à des images compromettantes de video surveillance prouvant son implication dans le braquage sans précédent d’un buraliste.
    Beaucoup de références littéraires et cinématographiques ponctuent ce récit à 100 à l’heure et pourront rebuter certains mais à mon sens c’est ce qui fait sa force et lui donne un style si particulier. L’intrigue reste simple mais ce n’est pas ce qui est recherché, car c’est bien la famille et ses individualités qui sont au coeur du roman.
    Humour et rebondissements sont au programme alors si vous voulez passer un bon moment de lecture, n’hésitez pas à vous plonger dans ce roman.

  • Michel BLAISE 16 mai 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Une satire sociale désopilante.

    Nous sommes le matin du 27 mars 2017 à Tournon-sur-Rhône au sein de la déjantée smala Mabille-Pons : l’inénarrable, excitée et outrancière Adélaïde, la mère, infirmière ; l’accommodant Charles, le père, clerc de notaire ; six enfants (Ferdinand, l’aîné, Pacôme, Antoine, Gustave - dit Gus, le benjamin, adopté, d’origine colombienne - ainsi que deux filles, Rose et Camille ; un chien, deux chats. Ce matin même, alerte générale, le "petit" Gus, a disparu...

    Dans la nuit, un bureau de tabac était cambriolé. Le gérant est grièvement blessé. Transporté à l’hôpital, il est dans le coma. Mais où est donc passé Gus ? On s’interroge toujours, quand - tout à coup - on sonne à la porte. Qui est ce ? : "Personne"… Richard Personne, inspecteur de Police, muni d’un mandat de perquisition… Gus, le "colombien basané"(1), est le coupable idéal et désigné.

    Au jeu "de cette famille"…, modeste mais néanmoins instruite et sagace, Marin Ledun demande à Rose - sœur aînée de Gus et khâgneuse ("cagneuse"Page.31), toutefois "oratrice" des "Essais" de Montaigne dans un quelconque salon de coiffure pour dames avides de culture "sous le casque" – de conter l’intrigue, une "galère" dans laquelle Adélaïde "s’embarque", mais certainement pas pour "s’y taire"(2).

    Marin Ledun est chercheur en sciences sociales. Son roman, "Salut A toi Ô Mon Frère", édité, en 2018, aux éditions Gallimard – collection Série Noire - est la continuation d’une entreprise littéraire très prolixe.(3)
    En repoussant parfois les limites des ambiances angoissantes, ses romans relatent des intrigues sur le malaise de nos sociétés contemporaines. Nous retenons "modus operandi", publié, en 2007 "Au diable Vauvert", "les visages écrasés" en 2011 aux éditions du Seuil. Il est également l’auteur de nombreuses nouvelles, de romans pour la jeunesse, de divers essais, de pièces radiophoniques ainsi que d’adaptations cinématographiques.

    Il obtenu de nombreuses récompenses, telles que le "Prix Plumes Libres", en 2008, pour "Modus Operandi", le Prix du mystère de la critique, en 2011 pour "La Guerre des vanités", le "Trophée 813 du meilleur roman", en 2011, ainsi que "Prix des lecteurs du Festival de Polar de Villeneuve-lès-Avignon", en 2012 pour "Les Visages écrasés", le "Prix Polar du Meilleur Roman Jeunesse/Cognac", en 2013, pour "Interception ", le Prix Amila-Meckert, en 2014, pour "L’Homme qui a vu l’homme", le Prix Transfuge, en 2016 pour "En douce" …

    En publiant "Salut A Toi Ô Mon Frère", Marin Ledun n’a nul donc besoin d’une gloire usurpée ; indiquer que cette fiction est une petite merveille est amplement suffisant.

    Exercé au genre du roman social noir plus particulièrement - "les "visages écrasés" par exemple - Marin Ledun n’a pas ménagé sa peine pour nous offrir cette fois-ci une œuvre plus singulière et légère, mais non moins estimable.Pour autant, "Salut A Toi Ô Mon Frère" n’appartient pas formellement à la catégorie policier ou "noir", en ce sens que les règles et les "codes" y sont incertains, voire approximatifs ou inexistants. Néanmoins, Marin Ledun ne ruine, à aucun moment, le plaisir de notre lecture, bien au contraire.

    Il est inutile de s’étendre sur l’intrigue. Elle ne propose aucune surprise. L’auteur entreprend de dénoncer des situations et des comportements sociaux dans cette adorable comédie très drôle, corrosive, acerbe parfois - aux jeux de mots "jamais laids", mais toujours délectables et désopilants - mettant en scène une police de pieds nickelés, une famille enflammée, solidaire et aimante laquelle, la mère à sa tête, engage une bataille, littéralement corps et âme, pour sauver le petit dernier, "bouc émissaire plénipotentiaire".
    Le racisme, la police et ses déviances, la bourgeoisie – "où allons-nous, si le moindre péquenot notaire de province peut porter plainte contre Gus" (P.127) - la rumeur et les raccourcis des foules haineuses, la bêtise, l’intolérance – "Un papillon, c’est jamais qu’une mite qui aurait pris de l’acide" - les institutions plus généralement, sont stigmatisés par Marin Ledun au moyen d’une écriture alerte et "verte", mais néanmoins scrupuleuse, et astucieusement drôle. L’auteur n’est pas avare de références culturelles : de références aux "Essais" de Montaigne aux images du cinéma Kubrick, il cite quelques vers d’Aragon :

    "Montaigne, c’est carrément le summum du porno chic. C’est l’Eyes Wide Shut(4) de la prostate…" (P.164)

    "Sur le chemin du retour, j’essaie de me souvenir des premiers vers de Nous dormirons ensemble d’Aragon. Que ce soit dimanche ou lundi, soir ou matin, minuit midi, dans l’enfer ou le paradis…" (P.117)

    Les personnages du roman, autant que les situations, sont réalisés "sur mesure" : Adélaïde, la mère, infirmière, haute en couleurs et "déjantée" est capable du meilleur et du pire pour défendre sa famille, jusqu’à s’enchaîner au grilles du commissariat sous les yeux ébahis du pataud divisionnaire Boyer, entamer une grève de la faim et soulever la population jusqu’à la libération de son petit Gus " bon comme la romaine" (P.46). Charles, le père, clerc de notaire, plus accommodant et discret, incapable de réussir l’examen de notaire, essaye vainement de calmer les véhémences de sa femme. Les enfants sont, pour la plupart, de brillants étudiants (philosophie, mathématiques), à l’exception d’Antoine apprenti boulanger exploité par son employeur. Rose, Roch en roll du matin au soir, tombe amoureuse de Personne, le lieutenant aux yeux "verts pêches" (sic), aux grand dam de sa mère désespérée par cette liaison transgressive… Quant au chien, il semblerait qu’il "chipe" les magazines pornos… Quid des deux chats ?, on ne se sait pas... Un authentique "bordel" dans cette famille agitée, mais de laquelle émane, en permanence, humour et amour sous la plus de Marin Ledun.

    L’on pourrait reprocher à l’auteur - certaines critiques le font, ici et là - trop de lieux communs et de propos manichéens autour d’une comédie contrainte par les "nouvelles" conventions sociales et la prétendue constance des relations sociales : les riches, les bourgeois, la police, les institutions sont systématiquement décrits comme les "oppresseurs" des plus humbles. Ce reproche est pertinent et non dénué de bon sens. D’autant que, emporté par sa fougue, Marin Ledun ne se limite pas à dénoncer simplement des faits objectifs. Sa sensibilité "rousseauiste" le rattrape parfois ; pour autant, son propos n’apporte aucune plus-value au message essentiel : "c’est tout de même monotone…une vie de portail, coulisser dans un sens, puis dans l’autre, tout ça parce qu’un imbécile heureux a inventé un jour le concept de propriété privé …" (P.263).

    "Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; ... il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits" a écrit Beaumarchais. Marin Ledun ne prendra donc pas ombrage de cette brève critique, parce que c’est malgré tout une merveille qu’il nous offre avec "Salut A toi, Ô Mon Frère". Sa démesure est même plaisante, parfois. Le roman n’est pas une thèse académique ou universitaire, mais une satire sociale, et donc une caricature selon les "règles" et les "codes" indispensables à celle-ci.

    Et c’est très bien ainsi ! Marin Ledun nous a offert, de la sorte, une adorable comédie aigre-douce, mais superbement drôle, autour d’une belle famille sortie de nulle part.

    1) Un "mexicain basané" n’aurait pas été honni. (Pour dire que l’on peut passer des "Bérus" à Marcel Amont sans distinction de générations !,

    2) Selon la mythologie grecque, "s’embarquer pour Cythère" signifie avoir un rendez-vous galant généralement pour la première fois. Vénus avait pour surnom Cythère, car née sur le rivage de Cythère dans une île de la mer Egée, haut lieu de culte d’Aphrodite. L’embarquement pour Cythère, synonyme d’un voyage au pays de l’amour viendrait d’un tableau de Watteau signé en 1717 qui représente des couples d’amoureux sur le point de partir pour l’île d’Aphrodite ; il s’agissait, également, d’embarquements de galériens pour Cythère :

    "Regagner Cythère, leur port d’attache,
    Était pour eux, une impossible tâche...
    Se disputant la rame salvatrice,
    Périrent de la querelle, avec délice."

    (Aristide, créateur d’un site internet aux fins de promouvoir l’amour romantique). https://short-edition.com/fr/auteur/aristide-1

    3) Marin Ledun vient de publier, aux mêmes éditions, le 2 mai 2019, "la suite" des aventures de la famille Mabille-Pons "La vie en rose"

    4) "Eyes wide shut" : ("Les yeux grand fermés") est un film britannique-américain réalisé, produit et coécrit par Stanley Kubrick, sorti en 1999. Il s’agit du dernier film du cinéaste, qui mourut avant que le montage final ne soit terminé. Le scénario est fondé sur la nouvelle d’Arthur Schnitzler publiée en 1926.
    Drame érotique et mystérieux, l’histoire narre la nuit d’errance du Dr Bill Harford dans et autour de New York. Voulant d’abord tromper sa femme — elle-même tentée par l’adultère —, il assiste à une orgie sexuelle, dont il est chassé. Il découvre alors l’existence d’une société secrète liée aux événements et aux personnages qu’il a rencontrés. Dépassé, il retourne auprès de son épouse, sans que leur problème soit résolu. (Source Wikipédia).

  • 4bookine 20 mai 2019
    Salut à toi ô mon frère - Marin Ledun

    Vous voulez passer un bon moment de franche rigolade. Je vous conseille ce petit roman un condensé de bonne humeur, des dialogues d’ado bien cash et une enquête rocambolesque à mourir de rire.
    Est-ce un roman noir, je ne pense pas car Gus, gentil colombien est le bouc émissaire d’une bande de joyeux lurons. Gus n’a pas la bonne couleur de peau dans ce petit patelin, il est donc présumé coupable à tous les coups.
    Ce roman est juste une non caricature de la société. Une famille made in Benetton qui n’a pas la repartie ni les actions dans leur poche.
    Entre une mère infirmière montée sur pile électrique et une Rose qui ne parle et ne cesse d’évoquer la littérature, le cinéma ou les films, je n’ai pu qu’admirer la plume de l’auteur. Il est arrivé à placer une multitude de registre de Marilyn Manson en passant par Baudelaire, tout en évoquant les soucis de Rose, de sa famille envers cette société. Certains pourraient dire qu’il y a trop de références ou de répliques aux arts sous toute leur forme, moi, j’ai trouvé ça très plaisant de se remémorer ces grands classiques.
    Il n’y a aucun moment de répits dans ce roman. Nous suivons la petite famille aux grands complets humains comme animaux à quatre pattes qui sont aussi foufous les uns que les autres. Un roman qui dépeint le racisme et l’attitude des personnes simple d’esprit (je reste polie) vis à vis de cette famille tellement atypique. À part les gros mots et les insultes qui volent à tout vent, j’ai passé un agréable moment en compagnie de la tribu Mabille-Pons.
    Je n’ai pu lâcher cette histoire à cause du rythme endiablé de cette meneuse d’enquête qui n’est autre que Rose qui nous décrit cette histoire abracadabrante. Un petit bémol sur le passage à l’hôpital qui m’a surpris car je n’ai pas encore vu de chambre mixte dans les hôpitaux et heureusement car cette épisode-là est aussi invraisemblable que drôle.
    Je me suis vraiment régalée et je conçois lire d’autres livres de cet auteur pour voir si ça plume est aussi addictive.
    Un rythme infernal que ce roman. J’ai fait la connaissance d’une belle tribu pleine d’amour et d’entraide face à une société qui a encore beaucoup de préjugés.
    Un roman noir bourré d’humour raconté par Rose sur la famille, l’identité, le racisme et la société.
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