Sur le ciel effondré - Colin Niel

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Résumé :

En raison de sa conduite héroïque lors d’un attentat en métropole, l’adjudante Angélique Blakaman a obtenu un poste à Maripasoula, dans le Haut-Maroni, là où elle a grandi, côtoyant le peuple des Wayanas. Alors qu’un jeune garçon disparaît, elle mène l’enquête avec le capitaine Anato dans ce territoire amérindien que se disputent âprement orpailleurs et évangélistes.

Vos avis

  • Perrine Savary 26 septembre 2018
    Sur le ciel effondré - Colin Niel

    Un vrai bonheur de retrouver le capitaine Anato, personnage emblématique de la trilogie Guyanaise. Avec une écriture magistrale Colin Niel nous replonge en Guyane, nous immergeant totalement dans ses paysages, ses odeurs et ses habitants. Dénonçant un sujet d’actualité, il s’attache à nous faire découvrir ce bout de France (si si je vous jure) oublié des pouvoirs publics malgré une situation sociale et économique catastrophique. Un appel à la prise de conscience de tous (y compris pour les guyanais d’ailleurs), des personnages profondément réussis et émouvants, l’ensemble lié par une enquête passionnante. Encore un très beau roman !

  • Lau Lo 7 novembre 2018
    Sur le ciel effondré - Colin Niel

    Colin Neil nous amène une nouvelle fois en Guyane dans ce polar passionnant.
    Sur fond de l’enlèvement d’un adolescent Wayana lors d’une soirée ainsi que de braquages perpétrés en ville, ce polar met en scène deux enquêteurs pas si différents l’un de l’autre.
    D’un côté il y a Angélique, une noir-marron, native de Guyane, revenue chez elle après avoir réchappé à un attentat en France qui l’a laissée défigurée. Elle revient en terre Wayana afin de retrouver le fils unique de l’homme qu’elle aime, Tapwili, un amérindien. Traumatisée par ce qu’elle a vécu en métropole, Angélique Blakaman est une femme meurtrie mais courageuse, entêtée.
    De l’autre côté, nous faisons la connaissance du capitaine Anato, noir-marron comme elle. Lui est hanté par des douleurs et des absences qui vont bien faillir lui couter la vie. Persuadé qu’il est victime d’un mauvais sort, il se soigne à la médecine ancestrale faite de bains et d’applications de plantes. En charge de l’enquête sur les braquages, il est confronté à une attaque qui tourne mal et à un adolescent assassiné dans une des cités de la ville.
    Mais, ce roman, même si c’est un polar très bien construit, très rythmé, c’est bien plus que ça.
    Ici sont abordés des thèmes très importants.
    Tout d’abord, bien sûr et évidemment quand on parle de la Guyane, il est question de l’orpaillage. De ses techniques mais surtout de cette soif de l’or qui entraîne règlements de comptes, meurtres et rivalités entre anglais, français, amérindiens et brésiliens. Les garimpeiros, ces orpailleurs clandestins qui puisent dans les rives côté Surinam du fleuve, non seulement sont hors la loi (française) mais « spolient » les mines des industriels et propriétaires attitrés des parcelles à exploiter.
    Toute cette chaîne de l’or est donc abordée sans mettre de côté la pollution au mercure qu’engendre l’orpaillage.
    Ensuite, le thème fort, reste la misère qui sévit dans ce lointain bout de France, souvent oublié des hommes politiques, où les lois ne sont pas forcément adaptées au contexte. Les hommes et les femmes se sentent délaissés et incompris. La jeunesse conserve peu ou pas d’espoir dans un avenir en Guyane, témoins en sont les statistiques de criminalité, de délinquance et du taux de suicide chez les moins de 20 ans. Les différentes cultures qui ont du mal à coexister, les différentes langues et dialectes, les croyances, les légendes, les religions, la couleur de la peau, tout ce qui fait que les hommes n’arrivent pas à vivre ensemble sans s’entre-tuer, réuni au bord d’un Fleuve. Un microcosme à des milliers de kilomètres de ceux qui entendent le gouverner.
    Je pourrais vous parler des heures de ce roman qui m’a emportée tout au long de ses 500 et quelques pages mais lues en moins de temps qu’un roman de 200 tant l’histoire et les personnages sont passionnants. Mais lisez-le, je vous le conseille sans aucune hésitation.

  • jeanmid 17 novembre 2018
    Sur le ciel effondré - Colin Niel

    Eh oui , je l’avoue , j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans ce roman que dans ces précédents . Mais comme souvent , les histoires de Colin Niel se méritent .Et la patience a payé !
    Retour en Guyane ( dépaysement garanti ! ) - où l’on retrouve le capitane Anato avec un grand plaisir . Il est cette fois-ci confronté à un meurtre d’un métropolitain et à la disparition inquiétante d’un jeune amérindien .
    Des enquêtes policières qui vont le mener ainsi que son équipe de la Brigade de Recherches , de Cayenne , vers le long du Maroni à Maripasoula puis aux confins du Sud du département , le pays des amérindiens : les wayanas , les alukus ou les ndjukas.
    Des peuples qui tentent de survivre grâce au tourisme mais surtout grâce au RSA que leur verse l’Etat français . le travail manque et les modes vie coutumiers sont mis à mal par l’évangélisation à tout crin de ces peuplades .
    Certains jeunes , déracinés à Cayenne pour les études , ne se reconnaissent plus dans la vie de leurs aïeux quand ils y retournent alors qu’ils sont moqués par les autres élèves pour leur couleur , leur manière de vivre …
    Quelques uns d’entre eux , complètement perdus , vont même jusqu’à se suicider ..
    Leur terre ancestrale est pourtant riche de ce minerai si convoité que s’arrachent en toute illégalité , les garimpeiros : l’or de Guyane . Alors pourquoi ne pas succomber à cette tentation plutôt que laisser certaines multinationales ou ces orpailleurs clandestins mettre la main dessus ?
    C’est dans ce contexte (très) difficile que l’adjudante Angélique Blakaman , prend le relai en local du capitaine Anato afin de tenter de retrouver ce jeune , Tipoy , et tenter de comprendre si plusieurs investigations en cours ne seraient pas finalement liées …

    Colin Niel, à travers ce roman policier , nous livre tout son amour pour ce bout de la France perdue dans l’immensité végétale . Ce département si étonnant , à la faune , à la flore et à ces tribus si « exotiques » .
    Mais arrêtons- là s’il vous plait , la caricature et les clichés ! L’auteur nous décrit également en détail ces conflits entre les colonisateurs et les colonisés , ces derniers tentant de subsister avec leurs modes de vie , leurs croyances . Mais cela devient de plus en plus dur quand la civilisation dite moderne doit passer à tout prix .
    Une véritable impasse pour ces peuples alors que nous ne leur laissons aucune autre alternative et que leurs terres sont sans cesse pillées pour en tirer ce minerai doré si convoité .
    Outre ces éléments socio politiques déterminants qui transpirent en permanence dans le récit on s’attache à ces anti héros qu’incarne si bien Angélique ici . Cette héroïne de la Gendarmerie Nationale , défigurée à jamais , qui a tant de sentiments à partager .
    Des protagonistes aux caractères entiers plus vrais que nature qui renforcent ces histoires extra sensoriels hors des sentiers battus et aux multiples rebondissements . Un livre que je ne peux que vous recommander .

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