La Coach - Nicolas Verdan

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Résumé :

« Aussitôt le train sorti du bunker de la gare Swiss Railways, je m’endors, emportée par le roulis du wagon. Je rêve que je suis dans une locomotive au beau milieu d’un paysage nocturne désolé. Je cherche dans l’obscurité de la cabine les commandes pour arrêter ce défilé de graffiti hurleurs qui dévorent les murs de petites villes dépassées de plus en plus vite. Je rêve d’une herse de fermes avec des trous noirs à la place des fenêtres. Nous les traversons comme des tunnels et nous volons maintenant par-dessus le gouffre d’un lac de barrage. J’entends soudain un choc terrible sur la vitre de la locomotive qui s’étoile et se teinte de rouge. Je me réveille en sursaut. J’ai la gorge sèche. »

Un employé de Swiss Post met fin à ses jours dans un contexte de restructuration profonde de l’entreprise. Sa sœur, une coach ambitieuse et bien introduite dans les milieux d’affaires, est persuadée de la responsabilité directe du chef RéseauPostal dans cette tragédie. Elle utilise ses contacts pour obtenir la possibilité de coacher professionnellement le « coupable », un homme fragilisé par une crise de couple et l’énormité des décisions impopulaires qu’il doit prendre (fermeture de plus de 600 bureaux de poste). La coach cherche alors à gagner sa confiance pour l’amener à vivre le même chemin de déchéance que son frère.

Après Le Mur grec (2015), Nicolas Verdan revient en Suisse avec un roman noir. Entre décomposition sociale et violence économique, une histoire de vengeance, celle d’une femme.

Vos avis

  • universpolars 5 décembre 2018
    La Coach - Nicolas Verdan

    Vous ne perdrez pas de temps en tournant les premières pages de ce roman de Nicolas Verdan ! Eh oui, elles vous glissent carrément entre les doigts, avec un rythme réglé comme une horloge suisse à l’allure d’un bolide italien. Pas de bla bla inutile, on pointe directement le problème du doigt et on s’y tient !

    D’ailleurs, lorsque nous découvrons le nombre de pages - en l’occurrence, très peu -, ça passe ou ça casse. Vous l’aurez compris, ici, ça passe, et plutôt bien ! Ce récit est tranchant, vif et sans concession. Le personnage principal présente d’ailleurs ces mêmes qualificatifs !

    Cette femme, coach en entreprises, a décidé de se venger, ou plutôt de venger quelqu’un. C’est viscéral, c’est non négociable.

    « La coach » est une histoire de vengeance plutôt réfléchie, qui a mûri, calculée, mesurée, presque sage ! Ceci, c’est la partie visible. « La coach » est le récit d’une condamnation à mort, une sanction décidée dans l’immédiat - peut-être d’abord inconsciemment -, mais infligée dans le temps. Oui, car il en faudra du temps pour « abattre » l’adversaire. Finalement, cette vengeance se nourrirait-elle simplement d’une source d’eau trouble, opaque - pas très claire ! - remplie de remords ?

    « Swiss Post » sera au centre de cette trame noire aux arguments plutôt convaincants et catégoriques. L’auteur, avec cette intrigue, s’attaque à la violence liée au monde du travail, à une économie barbare - rentabilité ! -, soit à un phénomène pointant d’un doigt accusateur un univers toujours plus exigeant, malsain, inhumain et mortel. Justement, la mort sera ici un acte ultime et désespéré dénonçant indirectement cette crise nourrie d’aberrations.

    Le monde devient fou !

    C’est à l’image de la Mini Cooper de notre héroïne filant à vive allure sur l’autoroute entre Lausanne et Sierre que nous aborderons les chapitres ! Franchement, je me répète, mais le ton de ce récit est si vif et mordant que j’ai l’impression de faire du surf sur ces pages brûlantes !

    C’est à un puissant travail au corps que nous allons assister. Les adversaires : une femme sûre d’elle, dure, dominante, écœurée et bouffée par la vengeance, contre un homme puissant, arrogant, sûr de lui, représentant la sphère dirigeante de La Poste suisse. Pardon : Swiss Post.

    Je ne vais pas en dire plus. Peut-être juste que « La coach » est finalement une histoire de regrets, de responsabilité, où le repentir semble prendre une grande place. L’auteur nous démontrera peut-être que la vengeance, même justifiée, n’est pas toujours la meilleure option !

    Ce roman, d’une certaine manière, est d’une violence inouïe !

    Bonne lecture.

  • Sangpages 5 décembre 2018
    La Coach - Nicolas Verdan

    Stéphanie et moi, nous sommes associées pour vous parler de ce livre qui nous a particulièrement plu à toutes les deux. J’avoue, d’ailleurs, que ce sont plutôt ces mots à elle puisque je n’aurai pas dit mieux !
    La Coach est un roman noir comme on les aime. Un de ceux qui, nous prennent par les émotions, nous replacent au cœur de la réalité en nous questionnant sur nos responsabilités. Un de ceux qui racontent une histoire qui nous ressemble, à laquelle nous pouvons clairement nous identifier.
    Coraline, coach personnelle dans les hautes sphères des plus grandes entreprises veut la peau d’Esposito. Il est son client, sa cible, sa proie. Il est surtout celui qu’elle tient pour responsable du suicide de son frère suite à une restructuration massive de SwissPost. Incarnation parfaite de sa profession de coach par sa détermination froide et inébranlable, elle traverse la Suisse de train en train mue par un seul objectif. Elle ne vit que pour sa vengeance. La Coach est donc l’histoire d’une femme qui souffre et qui trouve un exutoire dans son sens personnel de la justice. Il est aussi le roman d’un homme qui voit en cette femme un espoir de remède à son supplice.
    Quand la parution d’un roman résonne autant avec l’actualité, nous sommes obligés de nous poser des questions. Hasard ou inspiration prémonitoire ? Nicolas Verdan n’est pas plus visionnaire que vous et moi. Mais son double regard de journaliste et romancier lui permet de sonder notre pays de l’intérieur et rendre en mots la rage sourde des acteurs du drame qui s’y joue. Il nous rappelle qu’au-delà des scandales politiques et des désastres économiques, ce sont des tragédies humaines qui forment le canevas d’une nation, que les faillites naissent d’abord dans les tripes d’individus dépassés par un système qui leur est hostile. Que nous sommes tous partie de ce système.
    Il n’est pas de drame sociétal sans souffrance individuelle. Les heures difficiles que vit La Poste suisse aujourd’hui ne sont pas les préoccupations des seuls dirigeants, employés et journalistes. La colère de Coraline répond à la violence que de trop nombreuses familles subissent au quotidien, transposable à d’autres entreprises, d’autres pays.
    Cette transposition hyper réaliste rend ce récit addictif mais surtout terrifiant. Lorsqu’on s’identifie, que l’on se sent soi-même concerné, que l’on sent que cela pourrait être l’histoire de son voisin, de sa cousine, nous sommes forcément touchés, perturbés.
    Nicolas Verdan nous captive avant tout avec un récit de vengeance personnelle, certes, mais il nous offre une réflexion avertie sur un quotidien qu’il sait placer dans des décors si familiers que nous accompagnons Coraline les yeux fermés dans son tourbillon funèbre.

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