Les meilleurs livres de serial killers, jour 6

- Auteur : Michel tournier
Gilles de Rais : un personnage historique fascinant !
Fans de tueurs en série psychopathes ? Envie de devenir un expert des romans de serial killers ? BePolar vous propose un palmarès des meilleures fictions sur le sujet !
Après deux classiques (La Barbe bleue et Mademoiselle de Scudéry), trois grands romans de serial killer des années 1950 adaptés au cinéma (L’Assassin qui est en moi, Le Talentueux Mr Ripley et Psychose), il est temps de passer à l’époque contemporaine, fasciné par les tueurs en série.
Avant de passer au top du genre (subjectif) avec les 10 meilleurs œuvres selon BePolar, on vous propose une vingtaine d’œuvres, bien connues ou petites surprises, classées par date de parution.
Et pour commencer, un texte littéraire, inattendu, et pourtant ensorcelant : Gilles et Jeanne de Michel Tournier, paru en 1983.
L’histoire :
Chinon, 1429 : Jeanne la Pucelle demande à parler au Dauphin, elle qui se dit guidée par « le Roi du ciel » pour libérer la France du joug anglais. Pour Gilles de Rais, baron de Retz et bientôt maréchal de France, c’est une révélation : il suivra Jeanne d’Arc dans ses combats comme dans sa chute. Mais celle-ci va précipiter la sienne, car dans sa retraite, Gilles devient bientôt « l’ogre de Tiffauges », voleur, violeur et assassin d’enfants...
Pourquoi ce livre est important :
Figure archétypale du tueur en série historique, Gilles de Rais semble avoir influencé la psyché commune sur ce qu’on appelait encore les « ogres » et être l’un des « modèles d’inspiration » pour Barbe bleue. Le roman de Tournier est aussi l’une des dernières tentatives abouties d’explorer le passé pour essayer de trouver une logique, de comprendre les ressorts psychologiques voire ésotériques du crime sériel, d’expliquer l’inexplicable plutôt que de s’attarder sur les crimes. Après lui, les tueurs en série deviennent davantage des êtres de pure fiction et le criminel s’installe durablement au centre de l’attention.
Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :
1. Gilles et Jeanne est loin d’être l’œuvre la plus connue de Tournier : Vendredi ou les Limbes du Pacifique (et sa version « jeunesse » Vendredi ou la Vie sauvage) sont ses plus grands succès commerciaux, là où Le Roi des Aulnes lui valut le prix Goncourt et la reconnaissance du monde littéraire. Il est considéré comme l’un des derniers écrivains « classiques ».
2. En octobre 1440, Gilles de Rais fut jugé dans le duché de Bretagne pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». On ne sait toujours pas exactement la part de vrai dans les actes reprochés au baron, alors que les intérêts personnels, les loyautés et les alliances étaient pour le moins fluctuantes à l’époque : si certains crimes semblent avérés, on n’écarte pas le motif de vengeance dans sa condamnation.
3. Michel Tournier convoque deux mythes opposés, la Sainte, sauveuse de la patrie, et le Monstre, tapi chez les puissants et longtemps protégé jusque dans ses actes criminels. Cette dichotomie est très souvent utilisée dans les romans impliquant des tueurs en série.
4. Gilles de Rais est un personnage qui a fasciné des dizaines d’historiens professionnels et amateurs, mais aussi le grand écrivain Joris-Karl Huysmans : dans Là-bas, l’un de ses chefs-d’œuvre, il imagine un auteur médiocre enquêtant sur Gilles de Rais et qui finit initié… au satanisme !