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Les marécages

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Résumé :

Texas, 1933. La Grande Dépression s’éternise. Quand le jeune Harry Collins et sa petite sœur découvrent le cadavre sauvagement mutilé d’une femme noire dans un marais, la peur s’empare de leur village. Et quand le corps d’une Blanche est retrouvé peu après, Harry ne peut qu’assister impuissant au lynchage d’un innocent par les membres du Klan local. Aidé de sa sœur, Harry décide de partir à la recherche du vrai meurtrier et s’enfonce dans les profondeurs du bayou, là où les ténèbres règnent…

Vos #AvisPolar

  • Sylvie Geoffrion 24 mars 2019
    Les marécages

    Début des années ’30, on vit, par les yeux de Harry, fils du constable d’une petite ville de l’East Texas, la grande dépression, la pauvreté, le racisme, le KKK. Le Klan domine cette région et encourage la ségrégation, le racisme et la discrimination , il se porte juge et garant d’une idéologie et ce, bien sûr, en toute impunité. Harry, jeune garçon heureux, tombe sur le cadavre d’une femme affreusement mutilée, pieds et poings liés et baillonnée avec du barbelé. Voilà Harry qui découvre tout à coup, le côté sombre du monde des adultes. Son père tentera, en vain, une enquête, cherchera une vérité qui lui échappera. Puis, d’autres cadavres surgiront de cette rivière, femmes noires, femmes blanches, femmes prostituées, jusqu’à ce que...Joe R. Lansdale nous présente ici une terrifiante initiation à l’âge adulte. Ce que vivra ce jeune Harry, ne pourra s’effacer de sa mémoire. Il découvre un monde dur, glacial, implacable, qu’il aurait sûrement préféré ne jamais connaître. Page 278, Harry nous dit : " Quelques mois auparavant, j’étais un enfant heureux et sans souci. Je ne savais même pas que c’était la Grande Dépression, et encore moins qu’il existait des meurtriers en dehors des magazines que je lisais dans notre salon de coiffure- et aucun de ces personnages imaginaires ne commettaient les horreurs du Tueur des Marécages. Et papa avait beau être un type super, sincère et loyal-malgré un bref moment d’égarement-il n’avait rien d’un Doc Savage." Puis, il exprime sa nostalgie page 281 : " Le monde revint doucement à la normale, et pourtant, à mes yeux, il ne fut jamais plus aussi intense, propre et net qu’avant, et j’estimais que rien de ce que je pourrais faire ne ramènerait jamais complètement ces temps heureux." Et ce fut bien le cas, plus rien ne fut pareil . Je ne sais pas si j’étais plus sensible qu’à l’habitude lorsque je fis cette lecture, mais l’épilogue m’a sciée. En refermant "Les marécages" je me suis sentie anéantie, totalement démoralisée, triste pour Harry ....Malgré tout, j’ai adoré cette lecture et je vous la recommande chaudement.

  • JaneWatson 2 avril 2019
    Les marécages

    Un vieil homme dans une maison de retraite, Harry, qui attend de passer de l’autre côté.
    Les choses ont changé, il ne se reconnaît plus depuis longtemps dans le monde qui l’environne, des parkings et des centres commerciaux ont été construits sur les marais asséchés de son enfance...

    Son enfance, justement.

    Elle lui revient par vagues, une odeur, une ombre derrière la fenêtre, et il revoit l’East Texas, la ferme, ses parents, sa petite soeur Tom et le chien Toby.

    Et il se souvient de ce qui s’est passé sur les bords de la Sabine River quand il avait onze-douze ans, au début des années 30.

    Bien sûr, c’est un thriller, qui peut tenir en haleine avec les corps de ces femmes retrouvés horriblement torturés, cet Homme-Chèvre que Tom et Harry ont vu, au bord de la rivière, dans les bois, près des maisons, et la question comme un ressac de savoir qui peut commettre de pareilles atrocités, la peur qui parcourt les êtres en un long frisson qu’ils évacuent d’un haussement d’épaule bref.

    De ce point de vue, moi qui ne devine jamais rien, ça a été un peu raté parce que j’ai deviné. Qui est coupable, pourquoi, et quels sont les secrets mal gardés des uns et des autres. Franchement, ce n’est pas que je me sois réveillée un matin avec le cerveau de Miss Marple, c’est plutôt que l’auteur laisse affleurer la vérité au fil de son récit.

    J’ajoute que je n’ai pas été emballée par l’alternance de descriptions d’une remarquable poésie et d’un style volontairement maladroit que j’ai trouvé du coup artificiel.

    A se demander comment j’ai pu le lire jusqu’au bout, n’est-il pas ?

    Eh bien parce qu’au delà des réserves émises, c’est un roman d’une atmosphère prenante. L’East Texas est une contrée particulière du Texas, avec un environnement qui le rapproche davantage des états du Sud, et qui fait partie de la Bible Belt.

    Dans les années 30, outre la Grande Dépression qui laminait les êtres, le Klu Klux Klan y sévissait impunément, la ségrégation était bien ancrée dans les esprits et il n’était pas rare d’y lyncher un Noir sur le moindre soupçon, voire sans.

    Les marécages, les racines qui s’entremêlent en s’enfonçant dans la rivière, cachant toutes sortes de dangers et d’animaux venimeux, les mocassins serpentant à la surface de l’eau, répondent à la sécurité apparente de la ferme où le travail est dur, et au salon de coiffure de Jacob, le père, au milieu de la petite ville voisine où vit une communauté diverse. L’auteur nous plonge dans cette communauté et ses contradictions plus ou moins à travers le regard d’Harry enfant.
    Le vieil homme n’est jamais bien loin, je l’ai un peu regretté.
    Mais ce petit gars est confronté à quelque chose qui ébranle ses certitudes d’enfant et le poussent à envisager les évènements et les êtres avec une maturité qui lui est inconnue, qui l’encombre souvent.

    Et ça, c’est dit avec une finesse remarquable.
    On y retrouve ce qui tiraille à l’entrée de l’adolescence, ce qui retient au bord et ce qui pousse à plonger dans le même temps.

    Il y a également ce tableau du patelin du sud très justement dépeint, avec la ségrégation qui empoisonne les relations avec les Noirs comme entre Blancs, les habitants qui doivent pouvoir compter les uns sur les autres et, donc, dépasser leur aversion pour ce que pense le voisin. Les méchants, les gentils, la chaleur de l’été qui revient peser sur les épaules dans les deux rues poussiéreuses, les fermes éparses autour, les cabanes près de la rivière.

    Il y a encore Harry et sa famille : Jacob, un homme droit et juste que la découverte de ces corps secoue profondément ; May Linn, si belle que son fils se perd dans la contemplation de son visage parfait sans s’en rendre compte ; Tom, une petite fille intrépide et sauvageonne qui m’a rappelée la Scout de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ; Mémée et sa personnalité généreuse et encombrante, retour du Dust Bowl au nord du Texas, où elle a laissé la tombe de son époux, et que sa seconde fille a quitté également avec les siens pour tenter sa chance en Californie ; Toby, chien bâtard courageux et immense chasseur d’écureuils devant l’Eternel.

    Il y a cette société qui avance de travers à force de rejeter une partie de ce qui la fait, qui s’accroche à ses conceptions ségrégationnistes pour se sentir au-dessus de quelqu’un, et s’imaginer valoir davantage.

    C’est un voyage dans la Grande Dépression, un voyage dans l’East Texas, région à part et loin des étendues désertiques texanes, un voyage enfin dans cette communauté contradictoire aux personnages attachants pour les uns et révoltants pour les autres.

  • kateginger63 9 mai 2019
    Les marécages

    *
    Une atmosphère moite où la ségrégation raciale bat son plein.
    *
    J’ai tout de suite adhéré à cette histoire sombre bien addictive. Certes , il est assez dense mais une fois passé les 100 pages, l’auteur m’a hameçonné !
    *
    Pour ma part, je le classifierais comme roman d’atmosphère, d’ambiance très bien rendue de terreur et de mystère. Un côté surnaturel aussi. Avec des croyances d’un autre âge, le vaudou et ses légendes.
    Et puis roman noir bien sûr avec une intrigue bien linéaire et classique, avec une composante historique et sociologique (la ségrégation raciale des états sudistes dans la période de la Grande Dépression).
    *
    Le narrateur se remémore ses souvenirs au couchant de sa longue vie. Des faits étranges et inoubliables se sont passés durant son adolescence. Dans ce Texas humide des années 30 , où le racisme envers les Noirs est encore très prégnant, il va découvrir un cadavre mutilé de femme Noire. Et à partir de ce moment bien précis, les ennuis arrivent pour lui et son père shérif.
    *
    J’ai beaucoup apprécié le décor authentique et bien décrit de cet environnement où la terreur est présente (le Ku Klux Klan sévit et laisse peu de place à la justice). J’ai de suite pensé à l’histoire de la ligne Verte de Stephen King où la loi punit John Caffey, un Noir innocent qui se trouvait sur le lieu d’un crime au mauvais moment et n’avait aucune défense.
    Rien de plus émouvant quand cette histoire sordide et triste est racontée à travers les yeux d’un enfant.
    Une galerie de personnages bien étoffés et dont la psychologie intime a été restituée au fur et à mesure du récit. On assiste aux débuts de la criminologie où le mot "sérial killer" n’a pas encore été évoqué. Où la justice se faisait à "la tête du client". Et c’est carrément flippant. C’est une fiction mais le récit bien maîtrisé m’a laissé une forte impression de réel.
    *
    J’ai encore deux romans de cet auteur dans ma bibliothèque, ils ne feront pas "long feu".

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