- Auteur : Benjamin Dierstein
- Editeur : Nouveau Monde Editions
- Collection : NME.ROM.POLIC.
- Date de sortie : 19 février 2020
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Résumé :
Octobre 2011 : ancienne gloire des Stups de Paris, le policier déchu Christian Kertesz est recruté par des truands corses pour relancer un trafic de cocaïne. En parallèle, il espionne pour une société de renseignement privée le haut responsable d’une multinationale du BTP afin de l’écarter d’un marché prometteur en Libye. Le pays est en pleine ébullition ; Kadhafi vient d’être renversé et tué.
En France, François Hollande sort vainqueur de la primaire des socialistes. L’UMP et le PS entrent dans la phase finale d’une guerre qui les mènera jusqu’à l’élection présidentielle.
Alors que Squarcini, Péchenard, Neyret et d’autres sont inquiétés par des affaires qui mettent à mal l’image de la police, la capitaine Laurence Verhaeghen de la Brigade Criminelle de Paris, proche des Sarkozystes, est plus que jamais déterminée à freiner la montée en puissance des troupes de Hollande. La découverte d’un cadavre va rapidement la mettre sur la piste de son ancien collègue Kertesz et de quelques fantômes de la Police parisienne qu’elle s’est jurée de détruire, quitte à affronter des ordures chevronnées - anciens kadhafistes, terroristes proches d’AQMI, mercenaires issus de la DGSE ou mêmes cadres de la DCRI.
Pris en étau entre une cellule sarkoziste qui cherche à sauver sa peau, et d’anciens barons de la mitterrrandie qui ouvrent pour le retour de la gauche au pouvoir, Kertesz et Verhaegen vont se livrer un duel à mort au cœur de la corruption moderne.
jeanmid 21 mai 2021
La défaite des idoles - Benjamin Dierstein
Le premier roman de Benjamin Dierstein voyait l’affrontement homérique entre deux flics : Gabriel Prigent et Christian Kertesz . Exit Prigent , l’ex-flic Kertesz blanchi , voici l’entrée en jeu de la capitaine Laurence Verhaegen .
Le combat sera tout aussi sanglant .
Rappel des forces en présence :
d’un côté un ancien flic de la Brigade de Répression du Proxénétisme , reconverti en gros bras pour la mafia corse et accessoirement enquêteur en Libye pour un ancien barbouze des RG . Fric, trafic de came en tout genre et quelques cadavres sur les bras . Côté sentiment Kertesz est fou amoureux de sa petite sirène qui n’est pas sorti en un seul morceau du précédent épisode .
de l’autre une flic de charme et de choc , syndicaliste typée droite , qui enquête sur une mort suspecte dans un hôtel en réfection où elle place Kertesz d’emblée comme suspect Numéro 1 . Laurence a les dents longues et elle se verrait bien monter en grade rapidement et passer de la Brigade Criminelle à la DCRI en tentant de mettre la main sur des documents compromettants dans les mains d’anciens officiels du régime Kadhafi qui risquerai de mettre en péril l’équipe Sarkozy à l’approche des élections ..
Le contexte géo politique de cette fin 2011 est effectivement en pleine ébullition avec la chute de Kadhadi et les élections présidentielles françaises qui battent leur plein . Tous les coups bas sont permis alors que le business « as usual « de la drogue cherche de nouveaux débouchés et que son acheminement se complique avec l’arrivée d’extrémistes islamistes en Afrique de l’Ouest et au Maghreb .
Chacun avance ses pions comme il peut dans cette atmosphère de fin de règne pour le Président Français , certains pontes de la Police et la Françafrique mais avec les premiers crimes des islamistes sur le sol français . Un bouillon incandescent parfaitement indigeste .
Benjamin Dierstein frappe à nouveau très fort avec ce deuxième opus ( il peut se lire indépendamment du premier ) . Roman politico-narco-financier dont les intrigues s’enchainent à vitesse grand V , laissant très peu de temps pour souffler à nos principaux protagonistes comme aux lecteurs - prévoir la dose de caféine adéquate pour tenir le tempo !
On retrouve chez l’auteur , le style et les graines semées par des DOA ( au meilleur de sa forme ) ou Frédéric Paulin , témoins de leur temps et de ses dérives . On sent derrière ces histoires protéiformes un gros travail de recherches et de documentation afin de rendre le récit plausible . Et il l’est ! On y croise une belle brochette de personnages réels qui s’entremêlent avec d’autres de fiction dans une osmose parfaite . En toile de fonds à ses histoires qui dépassent largement les frontières de l’hexagone, on retrouve les clefs de voute des relations entre figures politiques de tout acabit , services secrets , criminels en cols blancs et ceux qui mouillent leurs chemises sur le terrain . Magouilles, corruption , argent sale , gros bras , bras cassés , visages tuméfiés ou de beaux macchabées troués de part en part par quelque arme de poing non identifiée .
Une belle bouillabaisse comme savait si bien la préparer la mère de Michel Morroni .
Un roman terriblement addictif que je recommande !